Quels modèles agricoles pour la société française ? - ImPACtons!

Il n’y a pas UNE agriculture mais des mondes et des modes agricoles : grandes exploitations, petites fermes, production conventionnelle, agriculture biologique, à Haute Valeur Environnementale (HVE), agriculture raisonnée, agriculture intensive, agriculture extensive, agriculture durable, agriculture de conservation, agro-écologie, permaculture. Il y a donc autant d’agriculteurs que de relations à la nature et au territoire. De plus, l’agriculture peut avoir des effets positifs ou négatifs sur l’environnement.

Le secteur agricole bénéficie des aides de l’Union européenne, à travers la Politique Agricole Commune (PAC). Les différentes filières, exploitations et pratiques agricoles ne sont pas subventionnées de la même manière. Ces aides européennes, distribuées par les Etats membres, structurent et orientent l’agriculture de chaque pays.

L'europe des agriculteurs, surtout à l'est
C’est dans l’est de l’Europe, notamment en Pologne, en Hongrie et dans les Balkans, que les emplois agricoles sont les plus nombreux. C’est aussi là, ainsi qu’en Espagne, que leur contribution à l’économie de leur région est la plus importante. L’Europe de l’Ouest montre dans l’ensemble une position inverse: peu d’emplois et un apport modeste à la valeur produite dans l’ensemble de la région concernée. La France fait partie de ce groupe, même si la production viticole de qualité y donne localement un poids non négligeable à l’agriculture.
L'Europe de la production agricole, surtout dans l'ouest
Même en ayant moins d’agriculteurs que l’Europe de l’Est, l’Europe de l’Ouest produit l’essentiel de la valeur ajoutée de la branche agricole européenne. Sauf en Espagne, cette valeur ajoutée pèse peu dans l’ensemble du PIB, mais le contraste est évident avec l’Europe de l’Est et les Balkans, dont la production agricole compte beaucoup dans le système productif local mais contribue peu, en valeur absolue, à l’économie européenne

Quelle agriculture voulons-nous pour notre société ? Que veut dire être agriculteur aujourd’hui ?

Le Plan Stratégique National, qui définit les priorités de la France dans ce domaine, est la base de notre réflexion sur le futur de l’agriculture française. Choisir des critères de distribution des aides, c’est choisir les modèles agricoles de demain.

Vos contributions sur ce sujet nous intéressent ! Nous vous soumettons notamment les questions suivantes, n’hésitez pas à nous en proposer d‘autres.

Nouvelles technologies et innovations : quels impacts, quelles opportunités pour le monde agricole ?

L’agriculture, ce sont des producteurs, des produits, des marchés, des consommateurs. Ce sont aussi des formations spécifiques, des appareils connectés, du matériel agricole de pointe, des nouvelles semences, de nouveaux services numériques, des algorithmes de prédiction des cultures, de la génétique… 5% de la Recherche et Développement (R&D) française publique et privée (soit 2,3 milliards d’euros) est consacrée à l’agriculture chaque année. Pour rester compétitif, faire face aux aléas climatiques, améliorer son rendement en respectant l’environnement, diminuer ses risques, faire son suivi commercial ou de marché, l’agriculteur du 21e siècle doit développer un panel important de compétences : il jongle entre un profil d’entrepreneur, de chercheur et de producteur. Cela peut amener l’agriculteur à être dépassé par les nouvelles technologies ou à en être dépendant, notamment dans un contexte de R&D mondialisé.

Quels innovations et modèles de recherche soutenir à travers les subventions de la Politique Agricole Commune ? Comment accompagner le développement de nouvelles technologies bénéfiques aux agriculteurs et à la société, tout en réduisant les risques de dépendance ? Comment former en continu les acteurs du secteur agricole aux innovations émergentes ?

Demain, quels agriculteurs et combien ?

Le nombre d’exploitants en France se réduit progressivement. En 2016, l’âge moyen d’un exploitant agricole était de 52 ans. En 2026, presque 45% des exploitants agricoles auront atteint l’âge légal de la retraite : le renouvellement des générations est un enjeu clé pour l’agriculture française. Comment rendre plus attractif ce métier ? Comment accompagner les nouvelles installations ? Avec quelles formations initiales et continues ? Quel est le rôle de la PAC pour soutenir le renouvellement des générations d’exploitants agricoles ?

Répartition de l'emploi agricole en france
Les emplois agricoles sont particulièrement nombreux dans les régions d’élevage et de viticulture de la moitié ouest de la France. Cependant, dans ces espaces, et plus encore sur le reste du territoire, ils pèsent peu en termes purement quantitatifs en regard de l’emploi total. Même dans les campagnes, la branche agricole ne représente une part dominante de l’emploi total que là où il n’y a plus que très peu d’habitants, notamment dans la « Diagonale du Vide » qui court des Ardennes aux Pyrénées.

Accéder à la terre quand on veut être agriculteur : comment ça marche ?

La transmission des exploitations est de plus en plus ouverte à des agriculteurs bien formés et extérieurs à la filiation familiale : faut-il freiner ou encourager cette dynamique ? Comment adapter la législation à ce phénomène ? De plus, compte tenu des évolutions de notre société, l’âge moyen à l’installation tend à augmenter : en 2018, sur l’ensemble des installations, 24,9% d’entre elles étaient assurées par des agriculteurs de plus de 40 ans, souvent issus d’une reconversion professionnelle.

Comment les aides de la Politique Agricole Commune peuvent accompagner et favoriser l’accès à la terre pour les prétendants à l’installation ? Quel poids l’augmentation du prix du foncier et l’artificialisation des sols auront sur ces dynamiques d’installation ?

Revenu agricole : comment relever le défi ?

Le niveau de revenu des agriculteurs constitue un réel enjeu pour la profession. Il peut varier considérablement en fonction des filières de production et des territoires et dépend beaucoup de la volatilité des prix tout comme de la chaîne de valeur agroalimentaire. Les aides de la Politique Agricole Commune soutiennent fortement le revenu agricole. Ces aides ne garantissent cependant pas une bonne santé économique et une productivité satisfaisante à toutes les exploitations agricoles. Quel modèle économique pour l’agriculture de demain ?

Répartition de l'emploi agricole en france

Quelle évolution des pratiques d’élevage ?

Parmi les nouvelles motivations concernant le choix des aliments, le bien-être animal devient un critère de plus en plus présent. Plusieurs éléments convergent : le souci de la souffrance des animaux d’élevage, la popularité croissante des courants végétariens, végétaliens et végans, en particulier chez les jeunes ou encore la prise de conscience du poids de l’élevage dans les émissions de gaz à effet de serre. Faut-il considérer la diminution des souffrances des animaux d’élevage comme un label de qualité ou comme un impératif moral ?

Mais la question de l’élevage ne se résume pas au bien-être animal. Du mode d’élevage dépend aussi le type d’alimentation des animaux. Comment gérer, par exemple, le problème du déficit français de production de protéine végétale pour l’alimentation animale ?

Comment valoriser davantage la contribution que l’élevage apporte déjà à la biodiversité, aux paysages et à l’entretien d’écosystèmes ?

Une agriculture sans élevage peut-elle réellement être durable ? Les animaux d’élevage et les cultures sont-ils indispensablement complémentaires ? Si c’est le cas, dans quelles conditions ?

Comment s’organisent les filières productives agricoles ?

Chaque type de production (laitière, bovine, maraîchère, etc.) a sa particularité, ses dynamiques, ses contraintes, ses territoires, ses impacts.

Les filières sont d’ailleurs soutenues par les subventions de la Politique Agricole Commune, de manière différente.

Comment rendre chaque filière à la fois productive et vertueuse ? Comment se portent les filières aujourd’hui ? Et demain ?

Pour aller plus loin